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Musique classique et opéra par Classissima

Hilary Hahn

dimanche 25 septembre 2016


Carnets sur sol

4 avril

Philharmonie 2017, premières impressions

Carnets sur sol Bonne jauge de la mode culturelle en France, le programme de la Philharmonie, par sa masse critique (nombre hallucinant de concerts, jusqu'à quatre le même soir, sans compter les ateliers !), permet d'évaluer un peu ce qui plaît au public et aux programmateurs. Fragonard, Deux jeunes filles après la période des abonnements (Anciennement collection époux Resnick.) A. Normalisation Globalement, la programmation est moins aventureuse que 2015-2016 (mais le premier semestre, lors de l'ouverture en janvier 2015, n'était pas d'une audace folle non plus) : – peu de grands dispositifs (cette saison, Prometeo de Nono, l'hommage à Boulez , Gruppen de Stockhausen ; la saison passée, Jeanne d'Arc au Bûcher , par exemple) qui justifient le côté modulable de la salle, son rôle pour des grand'messes tout public ; – les concerts symphoniques contiennent moins de pièces rares en leur sein, me semble-t-il ; moins de programmes thématiques originaux et très bigarrés (Amérique du Sud cette année). Clairement, la Philharmonie devient de plus en plus le lieu du concert symphonique à Paris, même s'il demeure des week-ends jazz et un ou deux week-ends musiques du monde : on y retrouve les concerts des grandes pièces du répertoire par de grands chefs et de grands orchestres, comme un peu partout ailleurs – la différence étant qu'en province il faut se contenter du seul orchestre résident. Bien sûr, les activités afférentes, les concerts avec participation d'amateurs (beaucoup d'enfants pour cette prochaine saison), les concerts sing-along (Christmas Carols de Britten, airs d'opéras français légers avec Les Siècles, L'Enlèvement au Sérail en français…), les cycles thématiques (assez accrocheurs cette fois, du genre 1001 nuits), les grandes soirées contemporaines (dont une riche tentative de panorama de la création officielle en France depuis les années 70 !) demeurent, mais globalement, on entendra surtout les grands standards dans de multiples versions. Le Cinquième Concerto de Beethoven doit bien être donné 4 fois, et je n'ai regardé que par les gens qui m'intéressaient ! Pareil pour les dernières Sonates pour piano, au moins deux concerts (Pires et Leonskaja, mais on peut supposer que Pollini, une fois le programme annoncé, fera de même), alors qu'il n'y a que quatre ou cinq concerts de piano solo dans la saison… Ce sont d'ailleurs, contrairement aux deux premières saisons (où le Sacre du Printemps et la Mer étaient partout), essentiellement les œuvres du répertoire germanique romantique qu'on peut entendre. Haydn et Mozart, peu en cour dans le Paris symphonique ces dix dernières années, reviennent en force (sans parler des concertos), et s'ajoutent à un répertoire qui se limite essentiellement à Beethoven, Schubert (la Cinquième Symphonique uniquement, et un peu partout), Mendelssohn, Schumann, Brahms, Bruckner, Mahler, R. Strauss… auxquels s'ajoute Bartók. Les Russes conservent leur portion habituelle avec les standards de Tchaïkovski, Rachmaninov, Chostakovitch et Prokofiev (une quantité raisonnable de Stravinski cette année, que se passe-t-il ?). Le baroque a quasiment disparu, même de la Cité (les baroqueux Christie, Gardiner, Minkowski, Jacobs, viennent pour jouer d'autres répertoires !). Très peu de musique française hors deux récitals de sopranos légers, et ne parlons pas des autres aires (même Dvořák est difficile à trouver), à part la musique américaine (états-unienne) qui a son week-end et même une jolie part au delà. Davantage de musique vocale, j'ai l'impression, et à chaque fois dans des environnements très prestigieux, avec les spécialistes de leur discipline (Armide de Gluck par Minkowski, Elias par Pichon, Schumann avec Gerhaher puis Goerne, La Pucelle d'Orléans par le Bolchoï, El Niño avec le LSO dirigé par le compositeur, les Sept dernières Paroles de MacMillan par les Cris de Paris, 2 semi-créations dans la grande salle et 2 ou 3 autres à la Cité pour la jeunesse…) ; là encore, mis à part la niche contemporaine assurée par l'institution, essentiellement du répertoire du XIXe siècle… B. L'Orchestre de Paris L'Orchestre de Paris, principal résident, peut servir d'emblème à cette évolution, même s'il ne s'agit que d'une coïncidence : avec le départ de Paavo Järvi, c'est tout un répertoire original (nordique notamment, et l'invitation de chefs qui jouaient de la musique « locale » d'autres horizons, espagnole, sud-américaine…) qui s'évanouit. Il est vrai que Daniel Harding, son successeur, a peu joué avec eux (une seule fois à ce jour, m'a-t-on dit), et désire donc sans doute acquérir des habitudes de travail à partir d'un répertoire déjà connu en commun. Mais en l'occurrence, il propose un cycle Mahler (qu'il dirige très bien, et incorporant la Dixième de Cooke III, là n'est pas la question) qui occupe l'essentiel de sa saison symphonique, le reste tournant essentiellement autour de Mendelssohn, Schumann et Brahms… Le programme le plus original est probablement celui regroupant trois « suites » d'œuvres lyriques ou semi-lyriques (Roméo de Berlioz, Pelléas de Debussy, Peter Grimes de Britten), alliage atmosphérique intéressant, mais je dois avouer que le choix de la suite de Leinsdorf pour Pelléas (peu ou prou les Interludes bout à bout), au lieu de celle de Marius Constant, plus longue, établissant de véritables ponts, et empruntant aussi aux beautés à l'intérieur des scènes, ne m'attire pas vraiment. Le véritable point fort de la saison de l'orchestre tient dans les trois grandes productions vocales, réunissant les meilleurs spécialistes à chaque fois : Scènes de Faust de Schumann avec Karg, Gerhaher, Staples et Selig ; Le Paradis et la Péri de Schumann avec Goerne ; le Deutsches Requiem de Brahms par Dohnányi, avec Karg et Nagy. Thomas Hengelbrock, le chef associé, n'est finalement qu'assez peu présent (deux concerts, comme cette saison, je crois), et faire jouer Bach à l'Orchestre de Paris n'est pas une bonne idée en définitive. C. Détails ¶ Abandon de la Philharmonie 2 dans les dénominations des salles : elle redevient la Cité de la Musique dans la brochure. On suppose tous les retards et toutes les accusations de tromperie sur la marchandise… C'est plutôt une bonne chose : beaucoup plus clair, et par ailleurs un bien joli nom, assez proche de son projet et de sa réalité. Au passage, quelqu'un a-t-il pu accéder à la rue musicale », qui devait relier les deux ensembles et contenir des stands et animations en permanence ? ¶ La Philharmonie n'annonçait déjà pas les changements d'œuvre ou de chef, mais tous les records sont battus : le jour même de la parution du programme, à midi, discordance entre la brochure diffusée deux heures plus tôt et le site… Ce serait bénin si ce n'était l'œuvre que l'on a le moins de probabilité de réentendre de toute la saison : Uirapuru est remplacé par une œuvre du même compositeur et d'égale longueur, Chôros n°6, mais au contenu pas exactement comparable. Uirapuru est une sorte d'équivalent, dans la langue chatoyante de Villa-Lobos (teintée d'influences françaises, et même de Wagner par endroit), des grands ballets de Stravinski, un Sacre du Printemps un peu plus lyrique et chatoyant que violent et bigarré ; les Chôros sont des pièces ambitieuses, certes, mais d'un rhapsodisme plus folklorisant, moins radicaux. C'était une excellente nouvelle dans l'absolu, mais la déception est réelle lorsqu'on se rend compte que, tandis qu'on réservait (parce que la brochure, elle, n'a pas changé, et aucun avertissement officiel en dehors du programme discret sur la page exacte du concert), les programmateurs changeaient tranquillement le programme. En l'occurrence, je dois être un peu le seul à être gêné (puisque Uirapuru était vraiment ma motivation, pas Argerich ni même Villa-Lobos dans l'absolu), mais cette manie irrespectueuse devient assez irritante. ¶ Les contempteurs du nivellement trouveront leur bonheur dans la brochure, qui culmine avec un « Urban Brahms » : intégrale de l'œuvre pour piano, avec alternance de piano-jazz, hip-hop, danse krump et grapheurs. L'attelage est tout de même exotique : la musique la plus abstraite qui soit, sans aucun référent, se limitant à l'exploration paisible de la forme (même pas la tension dramatique qui peut être évocatrice chez Beethoven ou dans les symphonies de Bruckner…), et aussi en général assez peu fortement pulsée, avec des appuis un peu incertains, volontairement rendus flous par le compositeur – mais toujours reliés au temps fort. C'est rigolo, mais comment articuler cela avec la science du rebond, du contre-temps, de l'anticipation, du décalage expressif ? Si ce n'est pas simultané, cela fera toujours du contraste, mais le hip-hop sur Brahms, ça me paraît vraiment compliqué. ¶ Du même esprit, mais plus ouvertement joueur, une commande de Bernard Cavanna pour l'Orchestre de Picardie et… le Chœur de Smartphones d'Abbeville. La pièce se nomme Geek Bagatelle (improprement, au demeurant, car si tous ceux qui disposent d'un téléphone-aspirateur-essoreuse étaient des geeks, le mot deviendrait vite synonyme d'humain), et je ne sais pas ce qu'est un Chœur de Smartphones, surtout adossé à une localité – les résidents chantent à distance ? ce sont les sonneries qui jouent la musique ? ou les bruits d'ambiance ? Ça ne fait pas plus envie que ça, mais ça fait toujours causer – la preuve. ¶ Dans le domaine des intégrales, le piano est considérablement honoré : en plus de Brahms, c'est un cycle Beethoven sur deux ou trois jours en semaine (je redis comme à chaque fois ma perplexité : à part à attirer l'attention, à quoi sert-il de programmer des cycles dans une période si étroite que personne ne peut les suivre à moitié ?), avec pianos du Musée de la Musique (riche idée !), et, pour les amateurs de tortures raffinées, tout Glass en 12h par le même pianiste, le temps d'une nuit. Déjà que cinq minutes en paraissent cinquante, je n'ose imaginer l'état de vague survie des malheureux qui auraient tenté la nuit complète. Notez bien que vous en aurez pour votre argent, puisqu'on ose pas faire payer pour ça. Là encore, le concept est fendard, mais je me demande : – qui a l'endurance / le temps / l'envie d'écouter 12h de musique (a fortiori répétitive) ; – et surtout, en admettant que le happening attire mieux l'attention qu'un concert isolé, qui ira réserver pour un petit Glass de 4h à 5h du matin ? Les premières heures seront sans doute remplies, mais le reste, il n'est là que pour l'affichage ? ¶ Les Pasdeloup ont manifestement leur petit réservoir de compositeurs orientalisants inoffensifs (ça sonne facilement même s'il n'y a pas beaucoup de musique). Après Garayev et Thilloy , ils montent un peu en gamme avec du Fasil Say symphonique, mais autant l'improvisateur est jbilatoire, autant le compositeur montre ses limites dans ses jolis bric-à-bracs multiculturels, flatteurs mais pas très nourrissants. (Ça me paraît au demeure un peu ambitieux pour le niveau de cohésion perfectible de l'orchestre, les Say sont des partitions exigeantes.) ¶ La programmation est si riche qu'il existe des chevauchements spectaculaires. Certes, ils ne s'adressent pas aux mêmes publics, mais si l'on se trouve par hasard à cette croisée précise, la Philharmonie perd un peu d'argent. Je n'ai évidemment remarqué que ceux qui m'intéressaient, mais il y a par exemple : – le Concerto pour clarinette de Copland au moment de l'opus 24 de Schumann par Gerhaher (27 janvier) ; – Stele de Kurtág et San Francisco Polyphony de Ligeti contre le récital vocal de Monteverdi à Xenakis par Nigl (28 janvier) ; – la rétrospective des commandes officielles depuis les années 70 à la Cité de la Musique tandis que le Bolchoï donne la Pucelle d'Orléans à la Philharmonie, concomitance logique, mais il est possible d'être exalté par la perspective des deux (17 mars) ; – et le plus dur de tous, le bouquet Marcabru / Dufay / Willaert / Gabrieli / Monteverdi / Vivaldi par Savall dans la grande salle (avec l'extraordinaire Hanna Bayodi-Hirt , pas entendue depuis longtemps dans les parages !), concurrençant en vain l'originalité du programme futuriste du petit amphi de la Cité : mélodies de Chostakovitch et Prokofiev, piano de Mossolov et Ustvolskaya, trio pour clarinette, violon et piano d'Ustvolskaya ! Dans le même temps, l'Orchestre du Conservatoire donne une Deuxième de Sibelius gratuite dans la salle des concerts de la Cité… (28 février) Là encore, on voit bien qu'on s'adresse à des publics différents, mais il n'empêche, l'offre est tellement prodigue qu'elle peut s'opposer à elle-même ! ¶ J'ai donc au passage cité un assez grand nombre des bonnes choses inattendues présentes dans la saison à venir : musique de chambre du futurisme russe, rétrospective de la création en France dans le second XXe siècle, bouquet franco-vénitien de Savall, musique symphonique de Villa-Lobos… Et puis les titres pour la plupart assez rares en musique vocale, une Brockes-Passion de Telemann, Elias, La Péri, Scènes de Faust, La Pucelle d'Orléans, El Niño, les Sept dernières Paroles de MacMillan, plusieurs créations ou reprises de créations récentes. Pas forcément des titres inédits en soi (on entend régulièrement ces œuvres dans leur aire linguistique), mais on ne les voit quasiment jamais passer en France, même à Paris. À cela s'ajoutent tous les standards qui seront joués de multiples fois et qu'on a envie d'entendre, selon les goûts de chacun, par tel ou tel interprète de premier plan – en ce qui me concerne, il y aura la 38 de Mozart par Zacharias, la Cinquième de Tchaïkovski par l'ONDIF, la Quatrième de Bruckner par Inbal et la Deuxième de Mahler par le Chœur de l'Orchestre de Paris, par exemple, toujours des petits plaisirs renouvelés. Moins de musique baroque, peu de musique de chambre de la musique symphonique conservatrice : les découvertes (du moins en salle) seront plutôt du côté de la musique vocale cette saison. D. Réservations ¶ À l'exception de quelques bizarreries (Pollini qui vient comme d'habitude, chez ces pianistes-stars, sans annoncer son programme ; un soir où l'Orchestre de Paris a prévu un concerto de Brahms, mais pas le « complément » !), le travail de documentation de la brochure est exemplaire : à chaque fois, on mentionne le nom des œuvres, la section jouée si elle n'est pas donnée en entier, voire la version de la partition utilisée (Suite de Pelléas version Leinsdorf, Dixième de Mahler version Cooke comme-sur-le-CD, etc.). Les résumés eux aussi ont l'avantage de ne pas se limiter à une liste dithyrambique (« l'un des meilleurs violonistes de sa génération », qu'on peut aussi bien voir apposé à Hilary Hahn qu'au professeur de violon du coin, tout dépend du nombre des meilleurs évidemment…), et présenter assez précisément les dispositifs de salle ou les projets du programme. C'est loin d'être la norme sur les sites des autres salles – les récitals du Théâtre des Champs-Élysées se limitent trop souvent à une liste de noms de compositeurs, aux détails et aux proportions parfaitement flous. ¶ Lors de l'ouverture des abonnements, je suis surpris de constater que c'est la première catégorie qui est prise d'assaut et affiche très vite complet dans certaines portions de la salle (en tout cas sur les concerts où elle ne monte pas trop haut) ; autant c'est très logique pour les concerts où les différences de prix entre catégories sont faibles (ONDIF, ONLille, etc.), autant pour l'Orchestre de Paris, hausse des tarifs aidant, ce commence à faire une somme. Par ailleurs, un concert était déjà marqué complet dans toutes les catégories au bout de quelques heures d'ouverture (erreur ?)… il faut dire qu'il comporte à la fois du Mozart, du Beethoven et des valses viennoises ! ¶ Pour finir, une astuce, si vous avez cherché en vain la Deuxième de Mahler dans les abonnements, il faut, une fois abonné, aller chercher dans les « avantages » et trouver le bon concert, là on peut réserver, dans toutes les catégories d'ailleurs (non valable pour les autres concerts). [Au passage, si vous prenez les places supplémentaires au moment de l'abonnement, vous payez plein tarif.] Pour vous faciliter l'existence dans ce maquis touffu, je vous livre directement le lien . Je vous en prie. En revanche, aucune trace de la 38e de Mozart le mardi 7 février, sans Zacharias. E. Bilan Tout est réuni pour un énorme remplissage : des œuvres très courues, un agencement avenant de thématiques accrocheuses, de grands noms partout – le Théâtre des Champs-Élysées continue de perdre des orchestres habitués au profit de la Philharmonie, la Radio Bavaroise ayant fini par adopter la Cathédrale de la Porte de Pantin ; ne restent plus guère, Avenue Montaigne, que Vienne, Dresde et l'Opéra de Munich. Je suis assez déçu devant le rétrécissement du répertoire : beaucoup moins de choses originales par rapport à Pleyel ou à la saison qui s'achève. Et en dehors du contemporain, toujours très fourni et varié (explorant plutôt les extrêmes d'ailleurs, les « atonals officiels » et minimalistes, pas les néo-tonals ou atonals polarisés), il reste peu d'éléments des anciens points forts de la Cité de la Musique (baroque, lied, pots-pourris thématiques). La déroute du lied, concentré sur trois concerts en deux jours, reste spectaculaire, alors qu'il y avait cette tradition de concerts à plusieurs voix, qui remplissait plutôt bien d'ailleurs, se limitant à un soir par an (les Liederspiele de Schumann, le Lapin de fiançailles de Schubert…). Néanmoins, considérant la masse immense de concerts proposés, et l'existence de nombreuses autres salles (réouverture de Favart, peut-être de l'Athénée…), il y a amplement de quoi passer sa vie au concert, sans être condamné à se gaver de Beethoven et de Brahms. Bonne chasse !

Carnets sur sol

7 novembre

[Carnet d'écoutes n°92] – Marathon : les orchestres parisiens

Intéressante expérience ces derniers jours. En deux semaines, entendu les principaux orchestres parisiens en concert : Orchestre de l'Opéra, Orchestre National de France, Orchestre de Paris, Orchestre de chambre de Paris, Orchestre Colonne. Épuisé, quasiment agonisant, j'ai renoncé à finir le cycle avec le Philharmonique de Radio-France, de toute façon entendu il y a peu. Il manquait donc le National d'Île-de-France et les deux autres municipaux, Lamoureux et Pasdeloup. Et la juxtaposition est très intéressante, parce qu'elle révèle pas mal de détails qui passent peut-être inaperçus sur la longue durée. À ceux-là, s'ajoutent depuis septembre le Philharmonique de Strasbourg, la Radio de Hambourg (NDR), l'Opéra de Munich (BayStO), le Symphonique de Londres (LSO) et le Symphonique de Cleveland, mais ce sera pour d'autres fois. L'Orchestre Colonne – Première Symphonie de Walton (lundi 2 novembre) De la série, Colonne est clairement le plus modestement doté techniquement – je l'aime beaucoup d'ordinaire, mais dans ce programme particulièrement peu rebattu (une œuvre du XXIe siècle, le Burleske de R. Strauss et la Première Symphonie de Walton), les fragilités étaient plus saillantes : il n'y avait pas de fondu d'orchestre, les pupitres semblaient émerger assez aléatoirement de la masse sonore, et (je ne voudrais pas en jurer) le Burleske m'a paru vraiment mal en place. Certes, on s'en moque, cette pièce ne vaut pas un złoty, mais entre les violons très aigres et l'impression de décalages récurrents (dont j'attribuais la cause principale à la précipitation du pianiste, sans plus de certitude…), ce n'était pas le beau visage de l'orchestre engagé dans Gould, Rangström ou Tchaïkovski . L'œuvre de Patrick Burgan (Le Lac, avec le texte de Lamartine) n'était au demeurant pas passionnante : le début instrumental intéresse, avec ses vagues consonantes qui se superposent en dissonances, avec ses aplats d'agrégats qui, sur des flûtes ascendantes, semble mimer la brume humide qui s'élève… mais le traitement textuel est une parodie de semi-mélodies en escalier mille fois entendues (refus des mélodies conjointes, tout en restant néo-, donc parfaitement gris et plat sans même être radical pour autant). À l'opposé, la Première Symphonie de Walton, pour laquelle je m'infligeais tout cela, mériterait de devenir un standard des salles, pour changer un peu de Mahler. Véritablement haletante pendant ses 45 minutes, parcourue d'un motif cyclique en mutation perpétuelle, elle cumule les avantages de son genre (très riche en couleurs, grande sollicitation de chaque pupitre, forme particulièrement développée) et l'immédiateté d'une œuvre de caractère – il suffit de considérer cet ostinato aux contrebasses (presque toujours divisées par deux, chose plutôt rare – c'est dire le niveau de complexité contrapuntique de la partition !) pendant le plus clair du premier mouvement. Un motif très déhanché, qui procure une assise en mouvement perpétuel à l'ensemble – exactement ce que Nielsen a du mal à réussir, avec un propos original et passionnant mais des basses un peu molles, qui manquent de rebond. Bref, savamment arachnéen mais tirant vers la félibrée… Imparable. Au demeurant, Colonne s'en tirait fort bien (un programme énorme et totalement nouveau en combien de services) ; il ne fallait pas y chercher l'hédonisme sonores des plus grands orchestres, mais l'œuvre fonctionnait aussi bien qu'au disque, justice lui fut vraiment rendue – et malgré sa structure assez didactique, je me figure qu'il est aisé de se perdre dans ce grand ensemble. Grâce à cette seconde partie, l'un des concerts les plus enthousiasmants de ce début de saison. L'Orchestre de Chambre de Paris – Serenade de Britten (mardi 3 novembre) L'Orchestre de Chambre de Paris, plusieurs fois loué ici, n'était pas tout à fait à son meilleur niveau ce soir-là (petites imprécisions), ni dans son meilleur répertoire. Quelle étrange chose, aussi, de faire jouer du consort de violes de Purcell par un orchestre à cordes moderne (et de culture romantique, même si leur souci stylistique est important). Pour Corelli non plus, clavecin ou pas, ça ne fonctionne pas bien. Comme avec Norrington , les basses sont trop lourdes et régulières, les irrégularités de phrasés un peu systématiques pour ce répertoire. À tout prendre, je crois que j'aime d'avantage l'option grassement hors-style (Monteverdi façon Maderna ou Lully façon Rosenthal ) plutôt que ce compromis sec mais peu dansant. Contrairement à la Fantaisie sur Tallis de Ralph Vaughan Williams avec Norrington, sur un parti pris audacieux, dépaysant et réussi de refus (exotique dans cette musique) du vibrato, pas très séduit non plus par la Fantaisie sur Corelli de Michael Tippett, qui crincrinne un peu sans vibrato – les dernières minutes, où il intervient enfin, sont beaucoup plus convaincantes. Les Variations sur un thème de Bridge de Benjamin Britten démontraient mieux la versatilité du l'orchestre, mais l'œuvre n'est pas un sommet non plus, même si le pittoresque des sections centrales (marche, romance, air italien, bourrée, valse viennoie, perpetuum mobile) demeure particulièrement roboratif en concert. Ils avaient manifestement beaucoup mieux préparé (ou joué plus souvent ?) la Sérénade pour ténor, cor et cordes de Britten, où l'on retrouve leurs qualités proverbiales : finesse du trait, agilité, délicatesse… Vraiment calibré pour alléger les romantiques et les modernes, pour en donner des interprétations particulièrement lisibles et débarrassées des épaisseurs superflues. Par ailleurs, Andrew Staples (ténor solo dans les Scènes de Faust de Schumann par Harding et la Radio Bavaroise – une référence – et dans le Messie de Haendel par Haïm, très bon dans tout cela) se révèle un petit miracle sonore en vrai : grâce à une émission haute, claire et sonore, il peut se mouvoir dans des configurations légères, suspendues, délicates ou glorieuses. L'agilité est très bonne et l'anglais parfaitement articulé (ce n'est pas un attribut automatique chez ses confrères britanniques !), d'une émotion pudique. En réalité, toute la voix est fondée sur un équilibre très soigné entre l'efficacité d'émission (presque nasale ) et la beauté du timbre (avec une rondeur qui s'obtient au contraire plus en arrière de la bouche), avec une émission mixte très souple, qui permet aussi bien le confort dans les parties longtemps très aiguës (en élargissant la voix de tête) que la voix pleine glorieuse (mais agréablement timbrée). Particulièrement impressionnant. À leurs côtés, Stefan Dohr, premier cor solo au Philharmonique de Berlin , aux caractéristiques très allemandes (son particulièrement rond, d'un éclat sombre). L'Orchestre de Paris – Saint-Saëns (jeudi 29 octobre) Saint-Saëns (Concerto pour violoncelle avec Sol Gabetta – d'ailleurs une sacrée projection très timbrée, qui explique un succès qui ne me paraissait pas évident, au disque – et Symphonie avec orgue) ne flatte pas les qualités du tandem OP-Järvi, au demeurant très bon ce soir-là, avec une grande lisibilité logique dans la progression structurelle. D'une manière générale, à l'Orchestre de Paris, j'aime surtout leur grande plasticité – c'est à rebours de leur caractère (exécrable pour certains chefs d'attaque et de pupitre) et de leur réputation (d'indiscipline) –, mais en concert, c'est l'un des orchestres qui adapte le mieux son profil sonore au chef et au répertoire. Avec Järvi, en conséquence, on obtient un résultat beaucoup moins standardisé (que ce soit par rapport aux normes internationales ou par rapport au son habituel de tel orchestre d'un concert à l'autre) qu'avec n'importe quelle autre formation parisienne. Il a mauvaise réputation chez les mélomanes concertivores, le considérant souvent comme un orchestre de seconde zone, manquant de cohésion ; c'est non seulement injuste (le niveau individuel est très élevé, même s'il n'est pas celui des orchestres de Radio-France ou de l'Opéra) mais aussi biaisé, si l'on ne prend pas en compte la sensibilité au style, justement. Par rapport à tous ces orchestres qui jouent tout, peut-être avec une meilleure fusion collective, mais avec la même pâte quel que soit le répertoire. Par exemple le Philharmonique de Radio-France (finalement dû revendre ma place de cette semaine, mais entendu il y a peu de toute façon), qui est fulgurant dans Wagner , R. Strauss ou Rachmaninov , mais joue la musique française avec le son du Philharmonique de Berlin des années Karajan – et ça, c'est mal. L'Orchestre de l'Opéra de Paris – Moses und Aron (lundi 26 octobre) Déjà commenté le spectacle deux fois (vidéo et représentation) ; concernant l'Orchestre de l'Opéra, on ne peut qu'admirer le niveau de virtuosité superlatif, peut-être le plus élevé de France (et en tout cas l'un des plus prestigieux, même pour les musiciens – tiens, comme à Francfort ). Étrangement, je ne lui trouve pas un profil sonore très personnel… il peut varier selon les productions, et surtout reste assez neutre, ne recherchant pas la typicité. C'est une valeur sûre pour servir toutes les musiques, de ce point de vue, avec quelque chose de peut-être un peu froid – mais rarement peu engagé, en tout cas dans le répertoire où je vais majoritairement le voir – raretés, donc plutôt XXe siècle vu leur répertoire (car dans Mozart ou pour le ballet, ce n'est pas exactement ardent en général…). Leurs concerts symphoniques sont en général très beaux, du niveau des meilleures formations. L'Orchestre National de France – Tchaïkovski & Britten (jeudi 5 novembre) Voilà un cas amusant… Le National était à l'origine l'orchestre de radio français le plus prestigieux, chargé du patrimoine français et des créations (tandis que le Philharmonique devait être à configuration variable, pour servir le XVIIIe allégé ou à l'inverse les grandes machines du XXe). Mais le vent a tourné, et les amateurs éclairés, le prestige regardent désormais le Philharmonique comme le sommet de l'excellence symphonique française. Les attributions aussi : le National joue essentiellement le grand répertoire du XIXe, que ce soit l'accompagnement d'opéras (suivre des chanteurs dans Donizetti ou Verdi, voilà qui n'est pas follement prestigieux) ou les symphonies de Mendelssohn, Dvořák, etc. Comme on ne propose plus guère de répertoire français dans cette maison, ils se font plus rares (et sont même parfois confiés au Philharmonique, qui programme volontiers Debussy et Dukas). Le Philharmonique joue certes toujours les formats semi-chambristes du XVIIIe et du début du XIXe (assez bien d'ailleurs, considérant sa culture de départ), mais se trouve surtout dévolu au vingtième siècle, et à la création. Bien que le Philharmonique soit toujours très peu représenté au disque (une dizaine de titres !), le National est ainsi regardé avec une forme de mépris plus ou moins discret – l'orchestre-pour-Verdi, l'orchestre-pour-programmes-grand-public, etc. Pourtant, je lui trouve un niveau exceptionnel : le grain des cordes est particulièrement impressionnant (rarement entendu un si beau pupitre d'altos, à la fois tranchant et profond !), très dense, légèrement dur, mais avec une profondeur de résonance très grande, tandis que la petite harmonie dispense des couleurs chaleureuses inhabituelles en France (où les timbre sont en général plus clairs et froids). Non seulement cela se vérifie quel que soit le programme, mais surtout cela s'adapte très bien à n'importe quel type de musique : la fermeté et la couleur, tout le monde peut en bénéficier ! Par ailleurs, la discipline d'ensemble est impressionnante : on voit rarement en France les pupitres s'élancer comme un seul homme – même visuellement, le moindre orchestre allemand paraît immédiatement une caserne lorsqu'on est habitué aux orchestres français. Beau travail collectif. Très agréablement surpris par Edward Gardner (ancien chef principal à l'ENO), qui ne m'avait pas laissé cette impression d'énergie et de netteté dans ses précédentes fonctions (mais il faut dire que j'ai surtout dû l'entendre dans le flou des prises Chandos, que ce soit pour de l'opéra ou du symphonique). Quant au violoniste James Ehnes, pas vraiment starisé, on est confondu par la puissance de la projection, la qualité de timbre (même dans les passages rapides, toujours une rondeur extrême, façon Hilary Hahn), le goût des phrasés. Ce ne sont pas les grands violonistes qui manquent, mais celui-ci en est vraiment l'un des meilleurs. En bis, son mâle Bach tradi était à couper le souffle. Voilà pour ce petit bilan, assez différent des hiérarchies habituellement prêchées, qui permettra – je l'espère – de se poser la question, précisément, sur les critères d'une hiérarchie. Notule ouverte à Radio-France Pour terminer, un petit message personnel. Radio-France, vous avez un problème. Pour le concert Britten-Tchaïkovski-ONF-Gardner, le système de réservation annonçait une salle quasiment pleine – dans les faits, plus du tiers était libre. Ce n'est pas pour laisser cours à mes instincts poujadistes, mais considérant que les déficits de billetterie sont directement financés par les contribuables (même les poitevins et franc-comtois, même ceux qui écoutent Drake ou n'aiment pas la musique), au delà de mon confort personnel de n'avoir aucun voisin sur mon rang, pourrait-on essayer de tout vendre ? J'ai quelques hypothèses, et je ne crois pas que le positionnement peu clair des orchestres (qui jouent tous deux Wagner, Mahler et Debussy) en soit responsable : ¶ identité de la salle (quel est son projet, au juste ?) ; ¶ tarifs (peu de places pas chères comparé à la concurrence, qui propose pour moins cher des orchestres étrangers ou des solistes superstars : qui va payer 40€ pour être de côté pour entendre un orchestre de radio, indépendamment de l'intérêt du programme et de la qualité de l'exécution ?) ; ¶ accueil du public (l'accueil dans le hall est passablement suspicieux et brutal, sans être toujours rigoureux pour autant : outre le contrôle, souvent à la limite de l'impolitesse, les espaces intérieurs sont mal délimités, ce qui conduit le personnel à courir après les gens pour leur demander où ils vont, ce qui n'est agréable pour aucune des deux parties). On sent bien que le lieu n'est pas conçu pour le public comme une salle de spectacle standard, et que l'on y est, billet en poche ou pas, tout juste toléré au creux d'un plus vaste dessein. Bref, aller dans une salle peu prestigieuse en payant plus cher pour voir des artistes moins célèbres depuis des places qui ne paient pas de mine (même si le son est bon), forcément que ça peine un peu à remplir, tandis que la Philharmonie a si bien saisi l'air du temps (le contrat est diversement rempli, mais ça donne envie d'aller découvrir – personne ne m'a dit ça pour Radio-France). Je conçois bien qu'un certain nombre de ces paramètres sont difficiles à amender, mais au minimum… mettez les places en vente, ça aidera.




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26 mai

Schönberg à Cologne, un must

Markus Stenz et son orchestre du Gürzenich de Cologne offrent un disque magistral consacré à Arnold Schönberg. Au début de l’ère numérique, le poème symphonique Pelleas et Melisande de Schönberg avait eu les honneurs de plusieurs disques : Barenboïm (CBS), Mehta (Sony), Boulez (Erato), Eschenbach (Koch), Sinopoli (DGG), Inbal (Denon) ou encore Cambreling (Ricercar). Passée de mode, cette œuvre, à l’effectif orchestral gigantesque, est devenue une rareté au disque et même au concert ! Pourtant, elle reste une partition d’orchestre qui met en avant la richesse des pupitres. À la tête de l’Orchestre du Gürzenich de Cologne, Markus Stenz livre une lecture capiteuse et dramatiquement puissante de ce chef d’œuvre de jeunesse. L’orchestre, opulent et précis, sonne avec richesse et précision. Composé en 1936, alors qu’il découvrait le soleil de la Californie, le Concerto pour violon est resté en marge de l’œuvre de Schoenberg. Fuit par les violonistes actuels (sauf par Hilary Hahn qui l’enregistra chez DGG), ce concerto reste techniquement et musicalement redoutable. Rompu aux musiques contemporaines les plus exigeantes, Kolja Blacher est à son aise dans ce langage musical. Plus affûté que Pierre Amoyal (Erato) et plus modernement incisif que Zvi Zeitli (DGG), le violoniste allemand donne une interprétation définitive. Superbement enregistré, ce disque est désormais un must de toute discothèque moderne.

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2 avril

Hilary Hahn : une personnalité attachante à la Philharmonie

Dans l’ex-auditorium de la Cité de la Musique, aujourd’hui salle 2 de la Philharmonie, le public redécouvre la riche personnalité musicale d’Hilary Hahn . Un programme fourre-tout ? À parcourir la liste des six œuvres interprétées par Hilary Hahn et son accompagnateur attitré, Cory Smythe, on se demande si l’on assiste à un concert, ou à un cours accéléré d’histoire de la musique. Puis l’on comprend que la violoniste, avec simplicité, a voulu choisir des œuvres qui lui tenaient à cœur : rien de poseur ou de démonstratif dans cet assemblage, mais une spontanéité que l’on retrouve aussi dans son jeu. En réalité, c’est au terme du concert que l’on perçoit la logique sous l’apparent éparpillement : chacune des deux parties donne à s’opposer deux grandes œuvres du répertoire pour violon. Une pièce toute contemporaine, en guise d’axe de symétrie, souligne les différences, ou manifeste l’actualité d’un héritage. La partita de Bach, lumineuse et décidée, répond donc à Cage, à cette œuvre minimaliste de 1950, en forme d’errance. Quant à l’obsession debussyste, bien visible dans la Sonate, d’une musique française, spirituelle, voire un brin moqueuse, elle semble narguer la passion exaltée qui sous-tend le chef-d’œuvre de Schumann. C’est une grande réussite : l’esprit pénétrant d’Hilary Hahn parvient à rendre ces oppositions touchantes. La violoniste proscrit l’ennui ou la fatigue mentale qui pourraient naître du rapprochement d’univers si distants ; soutenue par un piano vigoureux et net, elle joue avec une verve et une aisance qui captivent. Ce qui a pu passer pour de la langueur, dans Debussy, est du meilleur effet chez Schumann : une douleur contenue, des éclats de fureur, voilà ce que suggèrent les tempi retenus et les sons si pleins, si étincelants d’Hilary Hahn. Il faut dire un mot ici, hélas, de la note de programme, car on attend généralement d’un tel document qu’il prépare à l’écoute, en donnant d’avance des repères musicaux, ou des critères esthétiques de jugement. Or le livret de vingt pages distribué ce soir ne contenait pas un mot de présentation sur David Lang , ni sur Lera Auerbach , qui ne sont pourtant pas les compositeurs les plus connus du grand public, alors que nous avons en revanche, sur deux pages, un palabre sur la musique de Debussy. Crédit photographique : Hilary Hahn et Cory Smythe © Robert Torres



Musique classique et orgue

23 mars

La Lettre du Musicien n°461

La Lettre du Musicien n°461mars 2015 – 76 pages 39 offres d’emploiconsultez le sommaire inté gralEDITORIAL UNE GOUTTE D'EAUFinalement, c’est arrivé. Un conseil municipal a décidé la fermeture pure et simplede son école de musique. Certes, il s’agit d’une petite ville, mais enfin c’est un fâcheux précédent. L’argument de la mairie semble imparable: elle doit financer la réforme des rythmes scolaires dont le coût est à peu près le même... ACTUALITÉS Les arrangements : intérêt artistique ou nécessité financière?On voit fleurir de plus en plus de versions arrangées ou à effectif réduit des grandes oeuvres du répertoire. Quand le souci de jouer hors des grandes salles se conjugue parfois à des considérations économiques... La tribune de Sylvain Fort : «Primale… la musica?»On peut aimer Pogorelich et Andsnes, Janine Jansen et Hilary Hahn, mais peut-on aimer Gheorghiu et Harteros? Fleming et Bartoli? Kaufmann et Alagna? Lorsqu’il s’agit de chanteurs, la passion s’exacerbe... JOUER ENSEMBLE Quand l’appétit vient au musicienCe n’est pas parce qu’on est artiste que les questions terre à terre n’ont pas leur importance. C’est notamment le cas de la restauration des musiciens d’orchestre : avant ou après le concert? dans quelles conditions? qu’en est-il à l’étranger?... Avec Spirito, l’union des choeursIl y a un an, les Choeurs et Solistes de Lyon et le choeur Britten annonçaient leur rapprochement et donnaient naissance à Spirito. Aujourd’hui, avec quelque 80 concerts, dont 18 créations, la greffe semble bien avoir pris. DOSSIER THÉMATIQUE: LE HAUTBOISQue ce soit dans l’orchestre où il a le privilège de donner le la, à l’opéra ou en musique de chambre, le hautbois est à l’aise dans tous les répertoires, de la musique baroque à celle d’aujourd’hui. Où en est aujourd’hui l’enseignement du hautbois? Peut-on faire une grande carrière de hautboïste? La facture française a-t-elle conservé sa suprématie? Tels sont les principaux aspects de ce dossier. ENSEIGNER Répertoire: comment lancer sa carrière?A l’orée d’une carrière, les jeunes musiciens se posent la question du répertoire. Spontanément, c’est le désir qui dicte le choix des oeuvres. Pourtant, l’heure n’est plus à l’éclectisme, mais à une spécialisation nécessitée par un marché devenu ultra-concurrentiel. Le CRR de Perpignan en chantier permanentLe conservatoire catalan, qui a obtenu le label régional en 1999, inaugurera bientôt une extension qui permettra aux élèves et aux professeurs de bénéficier de conditions de travail proches de l’idéal... LE MÉTIER Prolongation d’activité : conditions et conséquences?Dans quelles conditions un enseignant artistique peut-il bénéficier d’une prolongation d’activité au-delà de l’âge limite du départ à la retraite? Matthieu Charbey répond à la question d’un de nos lecteurs. Les instruments à vent s’exposent à La Couture-BousseyLe musée des instruments à vent est créé en 1888, à l’initiative de facteurs d’instruments implantés depuis plusieurs générations dans ce village de l’Eure. On peut y voir un large échantillon d’instruments... SUR SCÈNE Chantons sous la pluie au Châtelet : déluge d’applaudissementsTous les atouts étaient réunis pour que l’adaptation à la scène du film de la MGM soit un succès: mise en scène inventive, chanteurs et danseurs impeccables… Concert Filidei au CRR de ParisDans un beau concert de création, l’ensemble 2e2m, dirigé par Pierre Roullier, offrait un superbe panorama de la musique de l’Italien Francesco Filidei, figure majeure de notre époque La Ville morte à Nantes: huis-clos pour un péplumCrée à l’Opéra de Nancy en 2010, La Ville morte de Korngold était reprise au théâtre Graslin à Nantes. Une réussite grâce à une mise en scène inventive et une équipe de chanteurs efficace. OFFRES D'EMPLOIS Retrouvez les offres d'emplois du semestre sur notre si tePROCHAINES PARUTIONS n°462 – 13 avril (anniversaire Wissmer) n°463 – 11 mai n°464 – 1er juin (dossier saxophone)Vous êtes abonné à la version numérique? Pour télécharger votre exemplaire, cliquez ici.Vous n’êtes pas encore abonné? Pour découvrir nos offres, cliquez ic i.

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21 mars

Hilary Hahn ressuscite Vieuxtemps

Plus que Mozart, c’est Vieuxtemps qui sort grandi de l’interprétation d’Hilary Hahn qui ressuscite ainsi l’âme d’un grand compositeur virtuose aujourd’hui trop oublié, avec l’active participation de Paavo Järvi . Hilary Hahn fait partie de ces violonistes qui, après des débuts éblouissants, ont rencontré un creux dans leur carrière. Il semble heureusement que la soliste américaine revienne aujourd’hui sur le devant de la scène. Ce disque en témoigne superbement. Le couplage pourra surprendre mais surtout réjouir car on n’entend plus guère (plus assez) les magnifiques concertos de Vieuxtemps, jadis chevaux de bataille des plus grands, jusqu’à Perlmann qui en fut le dernier grand défenseur. Entre le jeu d’une grande pureté, dénué du moindre sentimentalisme d’Hilary Hahn et le romantisme volontiers déclamatoire du compositeur belge tant admiré par Berlioz, la complémentarité est idéale. Et l’excellent Paavo Järvi, à la tête de sa philharmonie de chambre, construit un discours aux dimensions symphoniques d’une splendide intensité. Malgré le soin apporté aux effets d’orchestre notamment dans le finale turc, le concerto de Mozart (avec les cadences de Joachim) reste trop réservé pour susciter la même adhésion. Plastiquement et techniquement irréprochable, la violoniste reste cette fois trop distante pour accrocher l’attention et Järvi n’apporte pas le génie d’un Harnoncourt avec Kremer à la partie orchestrale. Un disque néanmoins magistral, si l’on accepte de le classer à Vieuxtemps.

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